| Interview croisées d'avocats |
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| Les news de la Corpo - Le Canard d'Assas | |||
| Écrit par Eric | |||
| Lundi, 14 Décembre 2009 11:02 | |||
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Interview croisée des avocats
Partie 1 Parcours étudiant -Q1 : Pourquoi être devenu avocat ? C’est une vocation extrêmement précoce née de l’exemple paternel et confortée au fil des études par le gout du droit et la défense des gens. -Q2 : Quel est votre cursus universitaire ? J’ai un doctorat de droit, plusieurs DEA, droit civil, propriété littéraire et artistique et science criminelle. Mon objectif initial était l’agrégation mais l’exercice du métier d’avocat, du fait de son caractère prenant, n’était pas compatible avec ce but. -Q3 : A quoi ressemblait la fac quand vous étiez étudiante ? Tolbiac (Paris 1) ne semble pas avoir changé depuis que je l’ai quitté, tout du moins sur le plan visuel… - Q4 : Un conseil pour les futurs avocats (étudiants en droit) ? Veiller à voir de près en quoi ce métier consiste réellement en n’hésitant pas à faire des stages avant de se décider définitivement, nous avons vu beaucoup d’élèves-avocat en stage (donc diplômés) être très surpris par la profession. La télévision véhicule une image souvent anglo-saxonne peu conforme avec la réalité française. - Q5 : Quelles sont les qualités d’un bon avocat (ou comment l’être) ? Avoir du courage sur le plan mental mais aussi physique, il faut savoir résister à beaucoup de chose s , être passionné et aimer les gens car c’est un métier d’ouverture aux autres, selon moi un misanthrope ne peut pas exercer ce métier.
Partie 2 Parcours professionnel -Q6 : Quel est votre parcours professionnel ? J’ai travaillé en cabinet groupé (partage de locaux et de moyens) pendant les premières années, ensuite j’ai expérimenté l’exercice solitaire dans un appartement mixant logement et bureau pendant 4 ans puis j ’ai opté pour la création d’une société d’exercice libérale avec un associés et des collaborateurs depuis 18 ans. -Q7 : Quelle est la différence entre la vraie vie d’un avocat et les différents a prioris qui circulent sur cette profession que peuvent avoir les étudiants ? (donc à orienter vers la spécificité de l’avocat en cabinet à taille humaine) L’image que les étudiants ont n’est pas en phase avec la réalité. Ce métier exige énormément de boulot, de rigueur, d’efforts et ce n’est pas l’impression que l’on tire d es films mettant en scène la profession que bien des étudiants véhiculent au moins inconsciemment. Tout le travail en amont, colossal, est je pense mal connu et sous estimé. Pour le reste, l’aspect représentation est juste mais il ne constitue qu’une mince partie de la journée de l’avocat. C’est un métier qui demande beaucoup de temps, des heures de réflexion peuvent être nécessaires pour trouver les 4 mots qui feront la différence lors de l’audience. -Q8 : Quel est votre souvenir ou affaire la plus insolite ?
-Q9 : Quel regard portez-vous sur votre carrière ? (classique, spéciale exaltante ?) Je ne la considère pas comme terminée et pense devoir attendre son terme pour avoir un regard objectif. Aujourd’hui j’éprouve une combinaison de sentiment entre la satisfaction du travail accompli et une certaine frustration face à tout ce qu’il reste à réaliser. -Q10 : Pouvez vous nous présenter le coté de votre métier que vous préférez ? La vie au palais de justice ? Les recherches ? Le relationnel ? Etc. il y a plusieurs aspects que j’aime particulièrement comme , plaider un beau dossier, c’est exaltant et à peu près au même niveau la rencontre avec un nouveau client, se demander ce qu’on pourra faire pour lui, découvrir un nouveau monde par son activité, il y a un coté excitant que j’aime beaucoup. J’apprécie également d’autres moments comme la cogitation intellectuelle pour trouver la botte de Nevers afin de mettre à plat mon adversaire. -Q11 : - Quelle est la différence entre l'avocat solo et l'avocat de cabinet ? Comme son nom l’indique ; la solitude et elle n’est pas bonne dans ce métier. C’est une solitude, qui tant sur le plan professionnel qu’intellectuel, est sclérosante. Nous avons besoin du regard de l’autre, de son soutien pour trouver nos réponses. Avancer tout seul demande davantage d’efforts, de force, mes années d’avocat solitaire ont été les plus difficiles mais c’était un passage obligé, il fallait prendre mon indépendance pour pouvoir après monter ma structure, c’était un purgatoire que je n’aimerais pas revivre.
-Q12 : Comment un avocat interagit avec les autres professions du droit ? Avec les connues (juges, huissier, notaire, etc.) et les moins connues ? (insistez aussi la) Les avocats ont un certains nombre de partenaires, fruit d’une sélection au fil du temps, avoués, notaires, huissiers, expert-comptable, commissaires aux comptes, c’est le réseau intégré et au-delà de ça nous avons des relations avec d’autres professions dont la qualité dépend au cas par cas. Nous avons malheureusement trop souvent de mauvaises relations avec les experts comptables qui semblent se positionner comme nos concurrents (qu’ils ne sont pas) ce qui est propice à un certain nombre de tensions alors que la coopération mutuelle serait l’intérêt bien compris du client. . S’agissant des magistrats, nos relations devraient être marquées d’une estime réciproque mais, en ce qui concerne Paris, ce n’est malheureusement pas toujours le cas. -Q13 : Quel regard portez vous sur la formation universitaire en droit aujourd’hui ? J’ai une vision assez contrastée des choses puisque notre cabinet a un partenariat avec Malakoff, nous accueillons chaque année un étudiant dans le cadre d’une UV et nous l’évaluons, cette note compte pour son année. D’une manière générale nous avons eu des étudiants de 4ème année assez brillants, laissant supposer un enseignement de grande qualité. En revanche nous avons accueilli des élèves avocats dans le cadre du pré-stage décevants, ils venaient de diverses universités, j’en déduis que ça dépend des universités. -Q14 : Quel regard portez vous sur L'université Assas ? J’en suis une des ses anciennes étudiantes puisque j’ai fait une petite partie de mon parcours universitaire à paris 2, je l’ai quitté il y a plus de 25 ans. -Q15 : Quel regard (oui je me répète) portez vous sur la vie associative en université ?Aucune idée je n’y ai pas participé, ce mode de relations sociales que j’apprécie au demeurant ne cadrant pas vraiment avec mon tempérament. (Réponse inintéressante) -Q16 : Comment qualifier votre vie aujourd’hui ? Agitée ? Calme ? Une réussite (sans être trop indiscrètes) ? Très agitée et je suppose, et en considération du parcours, une réussite même si on peut toujours faire mieux, notre cabinet se situe dans une très bonne moyenne aussi bien en matière financière qu’en type de clients . -Q17 : Et enfin que pensez vous des dernières reformes de la justice En ce qui concerne les réformes pénales, cela semble aller dans le bons sens mais on peut déplorer de voir s’empiler des réformes incessantes dans le domaine important des libertés fondamentales qu’est le droit pénal et qui nuit à sa compréhension par les justiciables. . Les réformes en matière de procédure civile vont également dans le bon sens, pour une meilleure instruction des dossiers. On est en fait dans une époque de mutations complexes donc on essaie d’adopter la législation à notre monde en évolution permanente souvent avec du retard comme Hadopi, ce qui est préjudiciable pour le justiciable car je rappelle quepuisque nul n’est sensé ignorer la loi, et aussi pour les praticiens qui malgré une formation permanente peinent pour être constamment à jour
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