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La "Marche du siècle" était marquée par une question, centrale dans la lutte contre le dérèglement climatique. Nous sommes chaque jour invités à changer notre mode de vie pour protéger l'environnement. Mais quand les politiques prendront-ils les dispositions nécessaires ?

 

      Le week-end dernier a été marqué, à Paris, par deux manifestations d'envergure, visant à mettre en lumière l'engagement des citoyens dans une lutte contre le réchauffement climatique, que nous savons aujourd'hui absolument nécessaire. Certes, la "Rave4climate" de samedi s'est avérée plus controversée – en ce qu'elle requérait la mobilisation de véhicules polluants pour soutenir le char, qu'elle fut rejointe par la manifestation des Gilets Jaunes, et que divers groupes politisés tentèrent de la faire leur. Il reste que la "Marche du siècle" de vendredi restera probablement comme l'un des jalons de cette course contre la montre que représente la protection de notre belle Planète Bleue, comme un symbole de la prise en charge de cette thématique par la jeunesse autour du globe, une jeunesse qui s'effare, et qui s'affirme à présent face à ce qui lui apparait comme un désintérêt passif de la part des gouvernants.

 

      Ainsi donc, ce vendredi 15 mars, se tenait la marche de la jeunesse pour le climat. De la Colonne de Juillet à l’Arc de Triomphe, en passant par le Panthéon, ont résonné leurs cris. Ces cris, alarmant, reprenaient régulièrement un slogan en particulier : “Et un, et deux, et trois degrés : c’est un crime contre l’humanité !”. Touchante, bouleversante, c’est bien une alarme qui était alors sonnée. Cette même alarme dont les scientifiques signataires World Scientists’ Warning to Humanity tiraient la sonnette dès 1992. Nous avons conscience, depuis près de trente ans en effet, que nos comportements participent malheureusement à détruire la planète. Et malgré cela, après le temps de l'information et le temps des paroles, beaucoup parmi les marcheurs se demandent quand viendra celui des actes. Ils souhaitent, grâce à cette mobilisation sans précédent, alerter le politique sur l'urgence à prendre des mesures significatives, d'une réelle efficience. Car comme cela était rappelé par divers slogans retrouvés sur les pancartes des manifestants ce vendredi (et elles étaient nombreuses), "Sans action, l'humain est en voie de disparition".

 

          Ce que dénoncent les marcheurs de ce vendredi, c'est la facilité avec laquelle les Gouvernements successifs de la plupart des pays occidentaux, ont su rivaliser de formules fortes et de politiques de sensibilisation à cette cause, rappelant que des actes de chacun nait l'action de tous, tout en laissant, dans le même temps, libre cours aux activités délétères des plus gros groupes industriels, qui restent les principaux pollueurs. Car la lutte contre le dérèglement climatique implique une réduction des émissions de gaz à effet de serre et de particules fines, mais également un plus grand respect des sols et des cours d'eau. Ainsi, on retrouve au cœur de l'une des plus vives polémiques de l'année passée le recours au glyphosate dans l'agriculture intensive. Il était notamment reproché, au cours de cette marche, aux 28 Etats membres de l'Union Européenne d'avoir prolongé de 5 ans la licence d'utilisation de ce puissant herbicide à large spectre (c'est donc un produit qui tue beaucoup beaucoup de plantes), alors même que ses effets néfastes sur l'Homme et sur les sols sont avérés et reconnus depuis plusieurs années. Eva, 18 ans, lycéenne, croisée dans cette marche résume sa pensée comme suit : "C'est bien de nous demander de ne pas consommer les aliments dont la production nuit à la planète. Mais pourquoi ne pas simplement interdire l'utilisation de ces produits ?" L'argument semble solide. Et en effet, il est bon de continuer à consommer local : "Non aux fruits qui voyagent plus que moi", pouvait-on lire sur une autre pancarte un peu plus loin. Il est bon de réduire sa consommation de Nutella et autres produits faits à partir d'huile de palme, pour protéger les orang-outans des forêts tropicales. Il est bon de préférer, aux bouteilles en plastique, une gourde que l'on remplira indéfiniment. Mais sans doute serait-il judicieux, pour sauver les orang-outans, de ne plus laisser les multinationales pétrolières raser ces forêts pour en extraire les sables bitumineux (couches de sable imbibées de pétrole, que l'on retrouve essentiellement sous les forêts tropicales). Sans doute serait-il judicieux de mettre en place, comme c'est le cas de l'autre côté du Rhin, un système de consigne, favorable à la réutilisation des bouteilles en verre et en plastique. Sans doute serait-il judicieux de restreindre la production d'huile de palme à l'échelle mondiale. Pour les manifestants de vendredi, ce n'est que de cette façon que l'on évitera la formation de ces "îles de déchets" au milieu de l'Atlantique (pour ce qui est visible en surface) ou l'ingestion de sachets de chips Lay's par des cœlacanthes, ces poissons vieux de 350 millions d'années, évoluant à 350m de profondeur, preuve qu'il ne s'agit pas seulement de quelques tonnes de plastique flottant au-dessus des flots.

        L'objectif de cette marche était ainsi sans équivoque : appeler les gouvernants du monde à ne plus céder à l'appât des lobbies. Mais surtout à prendre conscience qu'il sera plus coûteux de "réparer" une planète endommagée, que de la protéger tant que cela est encore possible.

 

 

Pâris MILTIADES,

Rédacteur du Canard d'Assas.

Marcher pour le climat